Le président évincé du Soudan Omar al-Bashir sort d’une voiture pour assister à son procès devant un tribunal de Khartoum dans cette image AFPTV

L’ancien président du Soudan Omar al-Bashir, évincé lors d’un soulèvement populaire pro-démocratie l’année dernière, a été jugé mardi pour le coup d’Etat militaire qui l’a porté au pouvoir il y a plus de trois décennies.

Bashir, 76 ans, et ses co-accusés pourraient être condamnés à la peine de mort s’ils sont reconnus coupables du renversement du gouvernement démocratiquement élu du premier ministre Sadek al-Mahdi, soutenu par les islamistes en 1989.

C’est la première fois dans l’histoire moderne du monde arabe que l’architecte d’un coup d’Etat est jugé pour avoir comploté un putsch, bien que l’homme surnommé le véritable cerveau derrière tout cela, Hassan Turabi du Front national islamique, soit mort en 2016.

Avec Bashir, 27 autres hommes du régime évincé étaient sur le banc des accusés au palais de justice de Khartoum, qui était lourdement gardé par la police à l’extérieur avec des fusils d’assaut AK-47, des matraques et des grenades lacrymogènes.

Un véhicule transportant Bashir quitte le palais de justice de Khartoum dans la capitale soudanaise
« Ce tribunal écoutera chacun d’eux et nous donnerons à chacun des 28 accusés la possibilité de se défendre », a déclaré le président du tribunal, rallye fr Issam al-Din Mohammad Ibrahim.

Bashir, qui était gardé avec les autres accusés dans une zone de la salle d’audience où ils étaient en cage, n’a pas parlé pendant la séance d’ouverture du procès qui s’est terminée au bout d’une heure environ.

Le juge a déclaré que le tribunal n’était pas assez grand pour accueillir les plus de 190 avocats de la défense et a ajourné les audiences jusqu’au 11 août.

À l’extérieur du tribunal, des dizaines de membres des familles des accusés se sont bruyamment rassemblés contre le procès, beaucoup criant « Allahu Akbar (Dieu est le plus grand) ».

« Ils n’ont pas autorisé la majorité des familles à assister au procès alors que nous avons présenté nos demandes il y a trois jours », a déclaré à l’AFP Mohammad Nafaa, le fils d’un ancien ministre de l’agriculture.

Ce procès intervient alors que le gouvernement de transition post-révolutionnaire du Soudan a lancé une série de réformes dans l’espoir de rejoindre pleinement la communauté internationale.

Le Soudan s’est également engagé en principe à remettre Bashir à la Cour pénale internationale pour qu’il soit jugé pour crimes de guerre et génocide dans le conflit du Darfour, qui a fait 300 000 morts et déplacé 2,5 millions de personnes lors d’une campagne de terre brûlée contre une insurrection en 2003.

L’un des 27 co-accusés du procès de Bashir est photographié dans une zone de cages du palais de justice
Les anciens vice-présidents de Bashir, Ali Osman Taha et Bakri Hassan Saleh, ainsi que plusieurs de ses anciens ministres et gouverneurs se trouvaient également sur le banc des accusés.

Ils sont accusés d’avoir comploté le coup d’État du 30 juin 1989, au cours duquel l’armée a arrêté les dirigeants politiques du Soudan, suspendu le parlement, fermé l’aéroport et annoncé la prise de pouvoir à la radio.

– ‘Environnement hostile’ –
Bashir est resté au pouvoir pendant 30 ans avant d’être renversé le 11 avril 2019 après plusieurs mois de manifestations de rue sans précédent, menées par les jeunes.

Dans les années 1990, sous la direction de son mentor Turabi, Bashir avait orienté le Soudan – un pays avec une pléthore de tribus, puis divisé entre le nord, principalement musulman, et le sud, chrétien ou animiste – vers un Islam radical.

Les forces de sécurité soudanaises se déploient devant le palais de justice de Khartoum pendant le procès de Bashir et de 27 co-accusés

Pendant plusieurs années, Khartoum a accueilli le leader d’Al-Qaida, Oussama Ben Laden, avant de l’expulser en 1996 sous la pression des États-Unis. Bashir a alors cessé de soutenir les militants islamistes pour améliorer les relations avec ses opposants et ses voisins.

C’est sous le règne de Bashir que le Soudan, ethniquement diversifié, a vu le sud riche en pétrole gagner son indépendance en 2011 après deux décennies de conflit avec le nord arabo-musulman.

Un des avocats de la défense, Hashem al-Gali, a accusé Bashir et les autres d’être confrontés à « un procès politique » tenu « dans un environnement hostile ».

Moaz Hadra, l’un des avocats qui a mené la campagne pour porter l’affaire devant les tribunaux, a déclaré à l’AFP qu’il espérait que le procès contribuerait à « sauvegarder la démocratie soudanaise ». Nous espérons ainsi mettre un terme à l’ère des putschs au Soudan ».

Les membres de la famille de l’accusé se sont rassemblés contre le procès devant le palais de justice
Ce procès intervient alors que le gouvernement de transition conjoint civilo-militaire du Soudan introduit une série de réformes et a relancé les pourparlers de paix avec les groupes rebelles.

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